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Actualités

Discours de la rentrée académique 2009 prononcé par la directrice Mme Verslype

"Former à un métier"

Chers amis, étudiants, anciens et collègues,

Je suis fière et heureuse d'ouvrir solennellement avec vous cette 50e année d'enseignement à l'Institut d'Enseignement Supérieur de l'Etat à Tamines, devenu aujourd'hui la Haute Ecole Albert Jacquard, catégorie économique.

Si beaucoup de choses ont changé en un demi-siècle, le nom, les bâtiments, les matières enseignées, les méthodes pédagogiques etc., il en est d'autres qui persistent à travers les lustres. Je voudrais en évoquer une, qui manifeste toute son importance en période de crise économique : la vocation professionnalisante de nos formations.

Située dans un bassin industriel, notre école s'est dès le départ tout naturellement orientée vers les nécessités de l'économie. Le secrétariat et la comptabilité étaient et sont toujours deux domaines clés de n'importe quelle entreprise, quels que soient son secteur et sa taille. Depuis 50 ans, donc, de multiples générations de diplômés formés en nos murs se sont insérés dans le tissu économique local - et de plus en plus souvent désormais, au-delà.

Nous avons toujours été conscients de l'importance de la pratique professionnelle. Les stages, qui occupent à temps plein les 5 derniers mois de la dernière année, sont vécus comme le couronnement des études. Ils enthousiasment les étudiants et ces derniers savent bien qu'un stage réussi pèse lourd dans la délibération qui leur décernera leur diplôme. Certains visent haut, l'insertion dans une entreprise étrangère, par exemple, où ils entraineront et perfectionneront leur bi-, tri-, voire quadrilinguisme. Nous avons récemment suivi un stagiaire de relations publiques en Chine ! Le stage est un pied à l'étrier pour le premier emploi et l'investissement des étudiants est généralement à la mesure de leurs ambitions et de leurs espoirs. Nous sommes souvent très fiers d'eux à ce moment.

Pour l'école également, le stage est un sujet d'investissement. Si cette partie de la formation ne dépend plus directement de nous, nous nous efforçons de baliser son accomplissement afin de la rendre la plus enrichissante possible pour nos étudiants. Une réflexion est actuellement menée sur les conditions d'agrément d'un stage, afin d'assurer l'étudiant que cette période sera réellement fructueuse pour lui, un apprentissage de plus et non une simple mise en pratique des théories accumulées.
Nous cherchons également à améliorer la procédure de suivi des étudiants tout au long de cette période, afin de détecter plus rapidement les difficultés, même si elles sont rares, et afin d'encourager l'étudiant à tirer le maximum des opportunités qui se présentent à lui dans ce cadre.

L'autre point fort de la dernière année, le TFE, impressionne également par son importance et la solennité de la défense devant un jury et il requiert de même beaucoup d'énergie de la part des étudiants. Lui aussi est désormais résolument orienté vers la pratique professionnelle car nous voulons certes former des praticiens réflexifs et non de simples exécutants, mais des praticiens avant tout, efficaces dès leur entrée en entreprise. La partie théorique du TFE doit désormais se concevoir comme une préparation à l'observation d'un cas pratique, à la critique de ce cas et autant que possible, au positionnement personnel de l'étudiant par rapport aux pratiques qu'il a observées et à la proposition d'améliorations concrètes. Idéalement, le TFE devrait apporter quelque chose de novateur à l'entreprise qui en a été le sujet.

Mais dès le début de la formation, dans les deux premières années des baccalauréats, nous cherchons à multiplier les visites d'entreprises et à inviter des professionnels à parler de leur pratique.

Notre premier objectif est donc que de l'entrée à la sortie de notre haute école, nos étudiants côtoient le monde économique et s'apprêtent au mieux à y plonger.

Mais les besoins des entreprises évoluent et ceci constitue pour l'école un défi permanent, qu'elle s'efforce de relever par différents moyens très concrets.

Chaque année, les professeurs qui se rendent en entreprise pour visiter les étudiants en stage s'entretiennent avec les superviseurs et vérifient si les savoirs et les savoir-faire des étudiants sont adéquats. Les étudiants eux-mêmes sont interrogés afin de recueillir leurs impressions sur leur formation, une fois qu'ils l'ont confrontée aux nécessités de leur stage. Ces retours d'expérience permettent à l'école de procéder à des modifications, parfois des remaniements profonds, dans les cours qu'elle dispense.

Nous interrogeons d'autre part les agences d'intérim, qui ont tout intérêt à nous informer sur les besoins actuels et les besoins qu'elles devinent être ceux de demain, car c'est nous qui préparons la main d’œuvre qu'elles répartissent dans les entreprises. Ces agences, dont la rapidité de réaction leur permet de suivre au plus près les tendances du marché de l'emploi, sont très à même de prévoir les besoins futurs et de suggérer des adaptations de nos formations.

Notre Haute Ecole, dans tous ses aspects, s'efforce donc de serrer au plus près, pour aujourd'hui et pour demain, les métiers auxquels elle prépare.

Mais ces évolutions représentent un défi pour vous également, chers étudiants. Naguère encore, l'insertion professionnelle se faisait pour longtemps. On était bien formé au sortir des études, tant sur le plan théorique que sur la mise en pratique de son savoir, on trouvait un poste correspondant à ses compétences et si l'entreprise et le travailleur se convenaient mutuellement, on y restait de nombreuses années, grimpant éventuellement dans la hiérarchie à hauteur du talent qu'on déployait.

Mais aujourd'hui, tout change de plus en plus vite. Après quelques années, ce qu'on a appris à l'école ne suffit plus car de nouvelles lois, de nouvelles techniques, de nouveaux produits, de nouveaux styles de gestion font leur apparition à un rythme de plus en plus soutenu. La recherche et développement accapare une partie grandissante du budget d'un nombre toujours croissant d'entreprises et les changements suivent ce rythme. Dans ce contexte, la formation initiale se trouve rapidement dépassée et le travailleur doit s'adapter aux changements qui affectent son activité, voire les anticiper s'il veut toujours être au meilleur de ses performances.

La formation continuée est donc devenue indispensable à chacun, quels que soient sa profession et le niveau auquel il l'exerce.

Le défi est de taille pour les travailleurs. Il n'est plus question de se reposer sur ses lauriers scolaires : dès les premières années de la vie active, il faut tout à la fois s'adapter au monde du travail, faire son trou dans son premier emploi ou en trouver un autre qu'on préfère, s'installer dans la vie et, parfois, commencer à assumer la charge d'une petite famille. Heureusement qu'on est jeune et dynamique, à ce moment-là !

Mais ce défi est stimulant aussi. Apprendre est et reste un plaisir tout au long de la vie ; évoluer dans sa fonction empêche l'ennui et la démotivation ; rester à la pointe de sa profession permet de changer d'emploi plus facilement lorsqu'on n'aime plus celui qu'on occupe...

Les évolutions sont donc observées par l'école et elle s'efforce de s'y adapter, mais une fois diplômés, la balle est dans votre camp, chers étudiants. Si vous voulez continuer à trouver des satisfactions dans votre profession jusqu'à l'heure de votre retraite, vous ne déserterez jamais définitivement les bancs de l'école. Et je vous prédis même que c'est avec plaisir que vous y reviendrez !


 
 
 
 
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